PREO : un outil anti-décrochage

PREO : un outil anti-décrochage

30 mars 2022 Non Par Christophe Milazzo

Photo : Corinne Gremaud, coordinatrice du SAPAD, et Cécile Guillermin, coordinatrice de PREO.

Co-porté par les PEP 01 et l’Éducation nationale, le dispositif PREO (Passerelle pour un retour dans l’établissement d’origine) offre une solution innovante aux jeunes en situation de refus scolaire anxieux, éloignés de leurs établissements.

Pour sa première session du 15 novembre au 14 janvier, cinq adolescentes ont profité de PREO (1 collégienne et 4 lycéennes de seconde). Initialement pensé pour des collégiens en difficulté gardant un pied en établissement, le projet a évolué vers des jeunes plus âgés, en décrochage. « Elles étaient chez elles depuis septembre/octobre », explique Cécile Guillermin, coordinatrice de PREO. « Les jeunes de PREO ne sont pas absents, ils font quelque chose. L’important est qu’elles sentent qu’on ne les juge pas, qu’on les comprend. Intégrer PREO, c’est aussi les aider à retourner vers les autres. »

Un programme varié

Pendant deux mois, les jeunes sont venues quatre demi-journées par semaine : un rythme régulier, mais non pesant. Le travail mené se fondait sur un projet personnalisé, établi avec elles et leurs familles pour décliner des objectifs et des réponses adaptées.

Les séances mêlaient des cours SAPAD (Service d’assistance pédagogique à domicile) de français, mathématiques et anglais, financés par l’Éducation nationale et assurés par des enseignants. Le reste du temps était consacré à des ateliers conduits par la coordinatrice et la psychologue de PREO. La dimension de petit groupe était cruciale. Ainsi, l’atelier cuisine visait à réappréhender le collectif par des interactions avec des jeunes du même âge.

Elles ont également profité de jeux de société, de yoga, de sophrologie, d’art plastique, mais aussi de sorties cinéma ou du musée des beaux-arts de Lyon. Enfin, la psychologue a organisé des ateliers sur des enjeux liés à l’adolescence comme la confiance, l’estime de soi, la culpabilité…

Un travail collectif

« Il y a eu beaucoup d’échanges en individuel et en groupe. Le binôme pédagogique/psychologique est précieux », confie Cécile Guillermin. Par sa nature expérimentale et ponctuelle, la réussite du projet est conditionnée à l’adhésion de chacun. Les familles, volontaires pour intégrer PREO, ont été présentes pour leurs enfants et ont trouvé des réponses à leurs interrogations. De même, des liens importants ont été maintenus avec les établissements d’origine.

Pour cette première, les jeunes aussi se sont investies. Le taux de présence a atteint 70 %, malgré le départ d’une élève après une demi-journée. « Les participantes ont adhéré à la démarche. Il y a eu une évolution », résume Cécile Guillermin. Certaines sont retournées partiellement dans leur établissement avec plus ou moins d’aménagements (moins d’heures en classe, cours individuels dans les murs) de la structure. La seconde session, qui a démarré le 7 mars pour deux mois, regroupe sept jeunes.


Article de Christophe Milazzo