Mineurs sous main de justice : santé et scolarité, une priorité
28 octobre 2026Par Nathalie Wolff
Une infirmière et un professeur technique à temps plein renforcent désormais l’équipe de la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) au sein de l’UJPE (Unité judiciaire à priorité éducative) de Bourg-en-Bresse. “Tous les adolescents placés par la justice pourront bénéficier d’un vrai suivi médical, explique Mélissa Papot, chargée de communication pour la PJJ. La présence d’une infirmière constitue un appui essentiel pour assurer le repérage des besoins de santé, réaliser les premiers bilans et faciliter l’orientation des mineurs vers les professionnels ou dispositifs adaptés, en s’appuyant sur des partenariats en ville avec des médecins généralistes et des pédopsychiatres notamment. L’infirmière animera aussi des ateliers autour de la santé, de la sexualité, de l’addictologie…, en fonction des problématiques repérées”. La santé est reconnue dans cette perspective comme un levier d’insertion incontournable, en ce qu’elle agit sur des causes profondes. Le professeur technologique, quant à lui, est chargé de la formation, de l’insertion scolaire et professionnelle, et du maintien ou de la rescolarisation des jeunes accueillis.“Il faut savoir que 56 % des jeunes suivis par la PJJ sont déscolarisés”, insiste Mélissa. C’est dire à quel point la déscolarisation, premier pas vers la désinsertion sociale, rend vulnérable au glissement vers la délinquance. “En accueillant dans un même dispositif des jeunes relevant de régimes judiciaires différents (mesure éducative, contrôle judiciaire, aménagement de peine), poursuit Mélissa, et en renforçant l’accompagnement éducatif et l’individualisation du suivi, l’UJPE apporte une réponse graduée qui s’ajuste à l’évolution du jeune.” Seront ainsi évités les transferts de CEF à UEHC et vice et vera qui opéraient une rupture dans le parcours souvent non linéaire du jeune, et dans son suivi. “Ainsi, le niveau d’encadrement de chaque jeune est individualisé par l’autorité judiciaire, selon son profil, ses besoins et la gravité des faits.”

L’UJPE, unité judiciaire à priorité éducative réunit depuis le 1er septembre 2026 en un seul dispositif, les deux modèles de placement qui coexistaient jusqu’alors : CEF (Centre éducatif fermé et UEHC (Unité éducative d’hébergement collectif). L’UEHC de Bourg-en-Bresse a ainsi rejoint 85 autres établissements de protection judiciaire de la jeunesse dans cette transformation qui répond à la réforme impulsée par Gérald Darmanin, Garde des Sceaux, ministre de la Justice. 38 CEF gérés par le secteur associatif et habilités par l’État rejoindront progressivement le dispositif. 123 UPJE devraient être ouvertes d’ici 2028.

