Parce que sa mort fait partie de ma vie…formez-vous aux derniers secours
9 septembre 2026 Non Par Sarah ArnaudPar Nathalie Wolff
Une formule percutante de la SFAP, Société française d’accompagnement et de soins palliatifs* pour une réalité commune invite chacun à se préparer, parce que jusqu’à la mort, quelles que soient les conditions, la vie est là.
* « Les soins palliatifs, c’est un moment où l’efficacité des thérapeutiques se perd sur la maladie causale et que les enjeux essentiels deviennent la qualité de vie, quelle vie mener, comment préserver la personne dans ce qu’elle est. Ce qui m’intéresse, c’est une médecine au service de la personne. Ce n’est pas la mort qui m’intéresse mais c’est un moment où on peut faire quelque chose qui aide la personne à être elle-même. »
Gilbert Desfosses, cardiologue Paris, in Les pionniers (série de la SFAP), 2020
« Chacun a la capacité d’accompagner la fin de vie d’un proche, de le soutenir et participer à des soins de confort ou simplement rester à côté, être moins gêné, mieux préparé, explique Dominique Delas, ancienne infirmière, bénévole de l’association JALMALV Savoie (Jusqu’à la mort accompagner la vie), dont elle a créé l’antenne Bas-Bugey en 2020. Parfois, c’est la personne en fin de vie qui, en plus d’être en souffrance, doit aider l’accompagnant à être mieux. »

Réfléchir à la fin de vie d’un proche, à sa propre fin de vie ; sortir du tabou sociétal le côté pile de l’existence ; vivre au sens propre du terme les derniers moments, les siens ou ceux des autres, jusqu’au bout, le mieux possible ; porter les derniers secours ; soulager le deuil de l’expérience solitaire insurmontable dans lequel on l’enferme parfois : les missions de JALMALV relèvent du fondamental.
Des bénévoles liés aux équipes de soins palliatifs accompagnent des malades, à domicile, en Ehpad ou à l’hôpital, soutiennent le deuil, individuellement ou collectivement, forment, dans le cadre de Derniers secours (porté par la SFAP), des citoyens à s’interroger, à réintégrer dans leur vie la réflexion sur la mort, à en comprendre les mécanismes, physiologiques, psychologiques, à anticiper la fin naturelle de tout cycle. « À la fin de la formation, les gens ne repartent pas en pleurant, mais se rendent compte qu’on peut parler de la mort de manière apaisée. » Pour certains, c’est aussi l’occasion de relire un drame passé à l’aide d’une nouvelle grille où la compréhension atténue les émotions, les sentiments noués de colère ou de culpabilité.

Des ressources grand public sont en ligne, mais elles ne remplacent pas pour autant l’interaction que permet le groupe où se côtoient des personnes d’origines parfois éloignées. La rencontre de cultures familiales différentes sur le sujet, d’expériences à la fois individuelles et partagées, facilite le dialogue sur ce qui est tu. Principe de réalité, les formations*, ouvertes à tous et gratuites, sont accessibles en distanciel.
* Trouver une formation près de chez soi ou en distanciel : Inscription – Derniers secours
Associations bénévoles en soins palliatifs dans l’Ain
antenne du Bas-Bugey (Belley et ses alentours)
Contact : Dominique Delas,
Tél. 07 86 71 51 85
dominiquedelas@orange.fr
Lire par ailleurs

- Notre dossier du magazine #128 : Le deuil d’un enfant : de la douleur à la résilience
- Une Escale à Hauteville : réflexion sur le sens de l’interdisciplinarité en soins palliatifs
Bon à savoir

À l’initiative de l’association Couples et familles de l’Ain, la Quinzaine du deuil regroupe des conférences, des espaces de rencontre, de parole, des animations, des spectacles, des ateliers… dans tout l’Ain pour sensibiliser le grand public à la question du deuil et donner des ressources aux personnes endeuillées.
Tout savoir sur les événements 2026 : ici
Dans de nombreuses communes, des cafés deuil, des groupes de parole sont mis en place.
Renseignements auprès du CLIC (Centre local d’information et de coordination gérontologique) de votre secteur.

