[cinéma] Coup de projecteur sur les assistants familiaux

[cinéma] Coup de projecteur sur les assistants familiaux

23 mars 2022 0 Par Marylou Prévost

Ci-dessus : photo extraite de la bande annonce du film La Vraie Famille

Le Cinémateur, à Bourg-en-Bresse, diffusait le 25 février une séance spéciale du film La Vraie Famille, en présence de son réalisateur, Fabien Gorgeart. Une œuvre qui embarque dans le quotidien d’une famille d’accueil.

C’est un univers que l’on aborde rarement au cinéma : celui des enfants placés. Dans son deuxième long-métrage, La Vraie Famille, Fabien Gorgeart nous plonge dans la vie d’Anna, assistante familiale, son mari Driss, leurs deux enfants et Simon, 6 ans, placé par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), que le père Eddy souhaite récupérer. Pour la famille et surtout pour Anna, la séparation avec l’enfant est difficile. « J’ai travaillé comme éducatrice dans la protection de l’enfance toute ma carrière. J’ai rencontré ce dilemme qu’ont les assistants familiaux d’éduquer pendant plusieurs années un enfant et de devoir respecter la place des parents biologiques », raconte Brigitte Joly, bénévole de l’association burgienne Le Cinémateur. « Ce film pourrait très bien constituer une base de formation pour les assistants familiaux », ajoute-elle.

Un film à la dimension autobiographique

L’histoire du film rejoint presque celle de son réalisateur (ci-contre), dont la famille a accueilli un enfant de 18 mois jusqu’à ses 6 ans. « Cet enfant, je l’ai aimé comme un petit frère », confie Fabien Gorgeart à qui il a fallu vingt ans pour partager cette histoire. « C’est un film sur le débordement d’amour. Je voulais montrer qu’aimer ne fait pas tout. Aimer profondément nous fait déplacer des montagnes mais pervertit notre regard. Ce n’est pas parce que l’on aime que l’on voie les choses de la manière la plus juste. » Pour écrire le scénario, il a mené une petite enquête dans le milieu de la protection de l’enfance. « J’ai interrogé une éducatrice spécialisée qui m’a parlé de son métier et raconté l’histoire d’un père qui m’a inspiré le personnage d’Eddy. J’ai également rencontré des familles d’accueil pour m’imprégner du sujet. »

Lumière sur les assistants familiaux

Selon Thomas et Elsa, assistants familiaux relais, il est demandé aux travailleurs sociaux de conserver une bonne distance mais il peut être difficile de se détacher d’enfants dont ils s’occupent depuis des années. Pour se préparer à ces séparations, « nous faisons en sorte d’être prévenus longtemps à l’avance pour les départs », précise Thomas.

Dans le film, il est également question de la place qu’il faut laisser aux parents qui sont en retrait. « Nous devons essayer de trouver d’autres surnoms qui nous sont destinés uniquement comme Nounou ou Papou car se faire appeler Papa ou Maman n’est pas légitime pour eux », révèle Fanny, assistante familiale.

Film sorti le 16 février en salle.
Pour voir la bande annonce et les séances :


Article de Marylou Prévost

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