« Femmes du monde », un festival militant et citoyen

« Femmes du monde », un festival militant et citoyen

8 juillet 2026 Non Par Sarah Arnaud

Né à Oyonnax, dans le cadre de l’ancienne délégation municipale Place des femmes, le festival biennal des Femmes du monde, dont la 2ème édition a clôturé le mois de mai par 3 jours festifs, culturels et gourmands, met à l’honneur des femmes inspirantes : femmes anonymes, femmes célèbres, femmes d’Oyonnax, femmes du monde.

Célébrer la diversité

Donner de la visibilité aux artistes, aux créatrices, aux sportives locales, découvrir des parcours de femmes remarquables, réfléchir à la place de la femme dans notre société, dans le monde, le festival s’attache à rétablir un équilibre plus juste entre femmes et hommes. Ouvert à toutes et tous, il incarne aussi, en s’appuyant sur les associations et acteurs du territoire, la volonté de créer des ponts entre les cultures, de favoriser les échanges pour rassembler, dans une ville au tissu cosmopolite. « Malgré leurs différences de langue ou d’origines, les femmes du monde entier partagent souvent les mêmes aspirations, être entendues, respectées, être libres de construire leur avenir et contribuer pleinement à la société », exprime dans son discours d’inauguration, Elif Celebican, première femme consule générale de Turquie à Lyon et marraine de l’événement. Son parcours – celui d’une lycéenne qui  décide qu’elle sera diplomate et qui, à seulement 22 ans, intègre le ministère des Affaires étrangères de Turquie – teinte de détermination le message qu’elle adresse aux jeunes femmes à la fin de son allocution : 

« Je voudrais adresser un message aux jeunes femmes : n’ayez jamais peur de votre ambition, n’ayez jamais peur de votre place. Le monde a besoin de votre intelligence, de votre créativité, de votre courage et de votre voix. Oui il existe encore des obstacles, oui des préjugés persistent mais chaque génération de femmes fait avancer les choses un peu plus loin. Et surtout n’oubliez pas l’importance de la solidarité entre les femmes. Quand les femmes se soutiennent mutuellement, elles deviennent une force extraordinaire de transformation sociale. Dans un monde qui a tant besoin d’équilibre et d’humanité, leur rôle est plus essentiel que jamais. »

Les filles ne sont pas des poupées de chiffon

Le festival s’est ouvert au théâtre sur l’histoire d’Ella, ou plutôt d’Eli, l’histoire d’une fille qui aurait dû naître fils, l’histoire d’une fille dont on fera un garçon le temps de l’enfance. Inspirée par des faits réels*, Nathalie Bensard, autrice et metteuse en scène, a choisi la forme contée pour
« mettre en lumière le fossé qui existe encore à travers le monde, entre le sort des filles et celui des garçons, au 21ème siècle », et ouvrir le débat, notamment avec le jeune public, auprès de qui la pièce a été jouée tout au long de la semaine. Au-delà d’une réflexion sur les inégalités filles garçons, la notion de genre, le récit pose la question plus large encore de
« quelqu’un à qui on a déterminé un destin, une vie, une identité et qui n’a pas le choix […]  C’est l’histoire de la projection des parents sur leurs enfants. Tragique ou anecdotique, inextricable ou modifiable, nous sommes tous les enfants de parents qui ont voulu que nous soyons ceci ou cela. »

*Le récit s’inspire du phénomène des Basha Posh, en Afghanistan, des filles que l’on déguise en garçons, et qui jouent jusqu’à leur puberté, le rôle du fils espéré.

En savoir plus sur la pièce : Les filles ne sont pas des poupées de chiffon


Le festival

  • mai 2024 : première édition, 15 pays représentés
  • mai 2026 : deuxième édition, 25 pays représentés

Le festival est porté par la municipalité d’Oyonnax en lien avec la délégation aux solidarités et à l’inclusivité.